Le marais des Chassettes va retrouver de l’eau

Le CISALB engage un projet de restauration écologique du marais des Chassettes, une tourbière de 22 hectares située entre Challes-les-Eaux et La Ravoire.

Cet espace naturel remarquable, d’origine glaciaire et formé il y a plus de 10 000 ans, constitue un patrimoine naturel et pédagogique majeur de la cluse de Chambéry. Il est classé Zone Humide d’Intérêt Remarquable par le CISALB et Espace Naturel Sensible par le Département de la Savoie depuis 2025.

Le marais des Chassettes - La Ravoire
Le marais des Chassettes - La Ravoire

Redonner au marais son fonctionnement naturel

Au fil du temps, le ruisseau des Chassettes a été aménagé avec un tracé très rectiligne et un lit surdimensionné. D’anciens remblais issus de curages limitent aujourd’hui les débordements du ruisseau vers le marais.

Le projet, porté par le CISALB en partenariat avec le Département de la Savoie et le Conservatoire d’espaces naturels de Savoie, vise à restaurer le fonctionnement écologique et hydrologique du marais, notamment en favorisant sa réhydratation.

L’objectif est de retrouver un ruisseau plus sinueux, moins profond et davantage connecté au marais, afin de favoriser des débordements plus fréquents dans les secteurs de forêt et de roselières.

Pourquoi réhydrater le marais ?

La tourbe s’est progressivement dégradée avec l’assèchement du marais. Or, lorsqu’elle se dégrade, ce sol qui constitue initialement un puits de carbone peut devenir une source importante d’émissions de carbone. Réhydrater durablement la tourbière constitue donc l’objectif prioritaire du projet.

Réhydrater le marais renforcera la capacité de la zone humide à stocker l'eau, soutiendra les débits d'étiage et lissera les débits. Véritable refuge pour la biodiversité,  son rôle de rafraîchisseur local en période estivale sera ainsi soutenu. 

Concrètement, que vont changer les travaux ?

Le projet prévoit plusieurs interventions :

  • Créer un nouveau lit sinueux pour le ruisseau des Chassettes : environ 1 550 mètres, contre 700 mètres actuellement. Il sera plus étroit et moins profond afin de favoriser les débordements vers la zone humide.
  • Remblayer partiellement l’ancien lit, en réutilisant autant que possible les matériaux issus du creusement du nouveau lit.
  • Ouvrir ponctuellement les anciens merlons de remblais pour reconnecter le ruisseau aux secteurs humides.
  • Préserver au maximum les arbres et les milieux existants, selon un principe de « moindre intervention ».
  • Végétaliser les secteurs travaillés, avec des mélanges adaptés aux zones humides et, dans certains secteurs, des plantations d’hélophytes.

Un projet pensé pour la biodiversité

Le marais abrite une mosaïque de milieux forestiers et ouverts, notamment des roselières et des cariçaies.

Le projet cherche à renforcer les habitats humides tout en conservant la forêt mature sur tourbe. Plusieurs espèces végétales protégées sont prises en compte, notamment l’Utriculaire et la Renoncule scélérate.

Le Castor d’Europe, présent sur le site depuis la réhydratation de l’aval menée en 2018, fait également l’objet d’une attention particulière. Des inventaires et des mesures d’évitement ont été intégrés dès la conception du projet et les secteurs sensibles seront balisés et protégés pendant le chantier.

De l’eau pour le marais… et pour le territoire

Une zone humide fonctionnelle joue un rôle important dans le cycle de l’eau. La restauration du marais doit renforcer sa capacité à stocker temporairement l’eau, avec notamment un effet de lissage des pics de débit et un meilleur soutien des débits en période d’étiage.

La réhydratation de la tourbière doit également contribuer à préserver le stock de carbone contenu dans les sols tourbeux et à limiter leur dégradation.

Dans ce secteur fortement urbanisé, le marais constitue aussi un espace naturel susceptible de contribuer au rafraîchissement local en période estivale, tout en offrant un refuge pour la biodiversité.

Un chantier conçu pour limiter son impact

Les travaux seront réalisés avec des engins adaptés aux sols très humides. Le nouveau lit sera créé progressivement et hors d’eau, avant que les écoulements ne soient dirigés vers leur nouveau tracé.

Le projet privilégie la réutilisation des matériaux à proximité afin de limiter les déplacements dans le marais. Les zones naturelles sensibles seront protégées et les emprises de chantier remises en état après les travaux.

Les chemins officiels et la passerelle piétonne existante seront maintenus, même si des restrictions temporaires d’accès pourront être nécessaires dans les secteurs directement concernés par le chantier.

La restauration ne s’arrêtera pas à la fin du chantier

La restauration ne s’arrêtera pas à la fin du chantier.

Un suivi écologique et hydrologique permettra de mesurer les effets réels du projet : évolution du niveau de la nappe, fréquence des débordements, évolution des habitats humides et de la végétation, présence des espèces protégées et évolution de la présence du castor.

Ces observations permettront, si nécessaire, d’adapter la gestion du site au fil du temps.

Un chantier à partir de septembre 2026

• Début des travaux : 16 septembre 2026
• Durée approximative de 2,5 mois, en fonction des conditions météorologiques.
• Coût prévisionnel estimé à 112 000 € HT, hors notamment maîtrise d’œuvre, certaines opérations foncières et coûts d’entretien.