Pourquoi réhydrater le marais ?
La tourbe s’est progressivement dégradée avec l’assèchement du marais. Or, lorsqu’elle se dégrade, ce sol qui constitue initialement un puits de carbone peut devenir une source importante d’émissions de carbone. Réhydrater durablement la tourbière constitue donc l’objectif prioritaire du projet.
Réhydrater le marais renforcera la capacité de la zone humide à stocker l'eau, soutiendra les débits d'étiage et lissera les débits. Véritable refuge pour la biodiversité, son rôle de rafraîchisseur local en période estivale sera ainsi soutenu.
Concrètement, que vont changer les travaux ?
Le projet prévoit plusieurs interventions :
- Créer un nouveau lit sinueux pour le ruisseau des Chassettes : environ 1 550 mètres, contre 700 mètres actuellement. Il sera plus étroit et moins profond afin de favoriser les débordements vers la zone humide.
- Remblayer partiellement l’ancien lit, en réutilisant autant que possible les matériaux issus du creusement du nouveau lit.
- Ouvrir ponctuellement les anciens merlons de remblais pour reconnecter le ruisseau aux secteurs humides.
- Préserver au maximum les arbres et les milieux existants, selon un principe de « moindre intervention ».
- Végétaliser les secteurs travaillés, avec des mélanges adaptés aux zones humides et, dans certains secteurs, des plantations d’hélophytes.
Un projet pensé pour la biodiversité
Le marais abrite une mosaïque de milieux forestiers et ouverts, notamment des roselières et des cariçaies.
Le projet cherche à renforcer les habitats humides tout en conservant la forêt mature sur tourbe. Plusieurs espèces végétales protégées sont prises en compte, notamment l’Utriculaire et la Renoncule scélérate.
Le Castor d’Europe, présent sur le site depuis la réhydratation de l’aval menée en 2018, fait également l’objet d’une attention particulière. Des inventaires et des mesures d’évitement ont été intégrés dès la conception du projet et les secteurs sensibles seront balisés et protégés pendant le chantier.
De l’eau pour le marais… et pour le territoire
Une zone humide fonctionnelle joue un rôle important dans le cycle de l’eau. La restauration du marais doit renforcer sa capacité à stocker temporairement l’eau, avec notamment un effet de lissage des pics de débit et un meilleur soutien des débits en période d’étiage.
La réhydratation de la tourbière doit également contribuer à préserver le stock de carbone contenu dans les sols tourbeux et à limiter leur dégradation.
Dans ce secteur fortement urbanisé, le marais constitue aussi un espace naturel susceptible de contribuer au rafraîchissement local en période estivale, tout en offrant un refuge pour la biodiversité.
Un chantier conçu pour limiter son impact
Les travaux seront réalisés avec des engins adaptés aux sols très humides. Le nouveau lit sera créé progressivement et hors d’eau, avant que les écoulements ne soient dirigés vers leur nouveau tracé.
Le projet privilégie la réutilisation des matériaux à proximité afin de limiter les déplacements dans le marais. Les zones naturelles sensibles seront protégées et les emprises de chantier remises en état après les travaux.
Les chemins officiels et la passerelle piétonne existante seront maintenus, même si des restrictions temporaires d’accès pourront être nécessaires dans les secteurs directement concernés par le chantier.